« Elle se croit dans un bordel, elle, ou quoi ? »

Voici la phrase qu’a entendue une fille de mon groupe de sport à son propos aujourd’hui. 17 ans, vestiaire d’EPS, terminale. Je pensais pourtant qu’on en avait fini avec des âneries de ce genre. Mais non, portez des sous-vêtements qui vous plaisent, un peu de dentelle, quelque chose de soigné, et… vous êtes considérée comme une prostituée ? Chapeau.

Outre le fait que c’est tout simplement incorrect de faire des commentaires de ce genre au sujet de quelqu’un, cette phrase et bien d’autres montrent que le sexisme le plus courant et le plus à craindre, c’est celui de femme à femme, ou de fille à fille, comme vous voulez. Parce que si entre membres du même sexe on se censure, se cadre et se fustige, comment peut-on bâtir l’idée selon laquelle chacun fait ce qu’il veut de son corps ? Si je fais un commentaire sur le décolleté plongeant d’une femme, est-ce que ça ne veut pas dire que je me fais porte-parole d’une certaine partie de la société qui pense encore pouvoir diriger la manière dont chacun doit se vêtir, bouger, agir avec son corps ? Et tout spécialement, puisque c’est ce qui me saute aux yeux, concernant la manière dont une femme s’habille ?

Comment se fait-il que la première question que l’on se voit poser après avoir été victime d’une agression sexuelle soit « comment étais-tu habillée ? » ? En quoi cela justifie-t-il quoi que ce soit ?

Et dans le simple cas de cette fille qui a eu le malheur de mettre des sous-vêtements qui lui plaisaient et que les autres filles ont vu dans le vestiaire d’EPS : pourquoi quand on voit de jolis sous-vêtements en dentelle on pense directement à la sexualité de la personne qui les porte ? Je n’aurais jamais pensé à ça. Moi aussi parfois je remarque les sous-vêtements des autres, moi aussi je me suis déjà sentie conne avec ma culotte en coton pas assortie à mon soutien-gorge, et pourtant, est-ce que j’ai critiqué la personne qui les porte ? Dire « elle s’est crue dans un bordel », c’est associer sous-vêtements, intimité, sexualité et prostitution. Je trouve qu’il y a un léger raccourci, qui est trop souvent fait à mon sens.

Bref. Ceci était un article coup-de-gueule, c’était trop gros pour que je n’en parle pas. Désolée pour celles et ceux qui trouvent mon propos simpliste ou inapproprié, mais je pense avoir aussi le droit d’utiliser ce blog pour exprimer mon avis sur des thèmes de société tels que celui-ci.

Je n’ai qu’une chose à ajouter : respectons-nous. Dans nos relations avec les autres mais aussi dans notre relation avec nous-mêmes, c’est aussi important je pense, surtout dans le cas dont je parle !

Passez une bonne semaine et à très vite pour des articles plus joyeux et légers :)

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