Retour sur le 37° Poitiers Film Festival (1)

Comme je vous le disais déjà dans cet article, je suis allée début décembre au 37° Poitiers Film Festival (aussi appelé RHL) avec ma classe. Ç’a été un moment merveilleux, et nous avons découvert de jeunes réalisateurs très talentueux, issus d’écoles de cinéma du monde entier. La qualité des cours métrages proposés était telle que nous sommes parfois devenus un peu chipoteurs ! Voici une première sélection des films qui ont retenu mon attention.

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  Montaje anónimo est un documentaire réalisé par Marcelo del Campo, un jeune cinéaste chilien. Il dure 13 minutes et montre les coulisses du Théâtre Municipal de Santiago. On découvre le travail de machiniste et tout l’envers du décor qui, si l’on n’y a jamais eu accès, peut être fascinant. Le début du film m’a subjuguée, et j’ai beaucoup aimé l’atmosphère qui se dégage de l’ensemble du court-métrage, avec un grand travail sur la lumière et la théâtralité qui se prête au milieu décrit. C’est un film assez lent, qui nous est donné à voir, et dont vous aurez un aperçu ici.

Montaje anónimo

☛   Paul et Virginie a été réalisé par Paul Cartron, un réalisateur belge qui, outre la force de son court-métrage, est très accessible et généreux. Il s’est montré très attentif à nos questions et nous a donné des conseils pour notre film du bac, ce qui est assez rare et vraiment adorable ! Mais passons au vif du sujet. Paul et Virginie est un film à très forte dominante autobiographique, qui montre le quotidien de Paul, enfant d’une dizaine d’années qui vit seul avec sa mère. Paul aime Virginie d’un amour fusionnel, mais est confronté à la fragilité de sa mère, qui ne peut plus assumer ses responsabilités et semble différente des autres mamans. Un très beau film qui nous parle d’amour fusionnel, de lien filial et de l’inversion des rôles qui survient lorsqu’un parent devient plus fragile que son enfant. Tout en subtilité et suggestion, ce film m’a bouleversée. Un extrait est disponible ici.

Paul et Virginie

☛   Les collines sont comme des éléphants blancs : voilà un film que je crois bien avoir été la seule à aimer ! Plutôt long (34 minutes), le film de Yiorgos Koutsaliaris n’a pas reçu un très bon accueil du fait de sa lenteur. Il faut dire que nous étions très fatigués. Il s’agit d’un voyage : un homme, Michalis nous dit le pitch, part retrouver une amie. Il semble redécouvrir le paysage grec, filmé d’après mes souvenirs à la tombée du jour, et rencontre quelques habitants, qui me rappellent les personnages de western que le héros croise sur sa route et ne revoit jamais. Ce que j’ai aimé, c’est la suspension qui habite le film. Un homme un peu paumé redécouvre le monde qui l’entoure, une thématique qui me plait beaucoup.

Les collines sont comme des éléphants blancs

☛   Tea Time est un film d’animation allemand co-réalisé par quatre étudiants. De manière générale, les films d’animation étaient très bons. Celui-ci nous parle de Paul, un vieux libraire qui, alors qu’il cherche un ouvrage pour l’une de ses clientes, se heurte à l’immensité de sa librairie et est emporté dans un univers fantastique où des cyclones de livres côtoient de beaux lacs paisibles. A ce stade-là, rien de bien sorcier, mais c’est le dénouement du court-métrage qui fait toute sa personnalité et sa perspicacité. Ou comment traiter d’un sujet grave et actuel par le biais de l’animation et du fantastique… Un peu plus d’informations sur le site officiel du film, où vous trouverez aussi une bande-annonce !

Tea Time

☛   Irene est un film costaricain réalisé par Alexandra Latishev. Le personnage principal, Irene donc, est une jeune femme célibataire qui vit chez sa mère avec son enfant de 7 ans, Santiago. Sa vie est morne : elle n’est pas amoureuse, sert de jouet sexuel, a un enfant probablement pas désiré à charge, et est toujours une adolescente aux yeux de sa mère. Je ne sais pas si on peut dire que j’ai aimé ce film, mais il m’a marquée. Irene traverse une crise existentielle et est confrontée à un dur constat : ses aspirations de jeune femme ne sont pas comblées, rien ne lui plait vraiment dans sa vie. Ce film est d’une certaine manière le pendant de Paul et Virginie.

Irene

☛   Even Cowboys Get to Cry. LE film que toutes les filles présentes dans la salle (ok, 90% des filles et 60% des mecs, ça vous va ?) ont adoré. Mais pour le présenter de manière moins orientée, je dirais qu’il s’agit d’un court-métrage du néerlandais Mees Peijnenburg, qui commence à faire parler de lui. C’est l’histoire de deux amis qui passent de l’adolescence à l’âge adulte, prennent conscience de la fragilité de la vie, de leur différence, et du fait qu’ils s’aiment malgré tout. Léger et grave à la fois, j’ai aimé la sincérité des acteurs, pris peur et ri avec les héros, été transportée par les images du prologue. Si vous souhaitez avoir un aperçu du travail de Mees Peijnenburg, c’est par ici ! (Et les copines, interdiction de fangirler en commentaire.)

Even Cowboys Get to Cry

☛   Y otro año, perdices a été réalisé par l’espagnole Marta Díaz de Lope Díaz, qui fait visiblement très attention à l’esthétique de son film, qui est ce que je retiens par dessus tout. Générique avec fond de tapisserie à fleurs, vaisselle fine, tissus fleuris ou aux tons pastels, opéra, … Mais le fond est tout aussi intéressant : montrer les différences d’une famille malgré les faux-semblants, les divergences parents/enfants mais aussi frères/sœurs dans un milieu qui se veut « bien comme il faut ». J’ai ri, me suis délectée d’entendre parler espagnol, et ai beaucoup admiré l’esthétique de ce court-métrage ! Si vous avez par le plus grand des hasards vu le film, sachez qu’il existe une petite vidéo durant laquelle le personnage de la voisine déblatère sur ce qu’il se passe dans la maison, juste ici.)

Y otro año, perdices

  Enfin, Travellers into the Night est un des court-métrages qui m’a le plus plu. C’est l’œuvre de la néerlandaise Ena Sendijarevic, une jeune femme visiblement très discrète et modeste. Le scénario est très original : une femme travaille de nuit dans une station service, seulement animée par la visite occasionnelle de quelques clients peu bavards. Une nuit, un client fait irruption dans son monde, la faisant rire, danser, amenant enfin de la fantaisie dans ce lieu morne. Le personnage principal inspire le respect, attendrit ; tout comme le nouveau venu fait rire et se montre attachant. C’est sur ce point que la caissière et le public se trompent. J’ai ressenti ce film comme une respiration, un souffle, un émoi, et puis une chute brutale, un désenchantement. La mise en scène et le choix de la musique nous transportent ; bref, Ena Sendijarevic a à mon avis beaucoup de talent ! Si vous n’êtes pas encore convaincus, regardez plutôt ceci.

Travellers into the night

 Voilà les amis, ce n’était pas un article destiné à tout le monde puisque ces court-métrages ne sont visibles que dans certains festivals et que ces réalisateurs ne seront connus que dans 5-10 ans, mais je vous avais annoncé cet article il y a un bon moment déjà, donc je tenais à le finir et à le publier ! Et puis, j’avais aussi envie que vous ayez un aperçu de mon voyage à Poitiers ;)

Je vous embrasse, et vous dis à très vite pour la deuxième partie

 
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