Nuit

Écouter les nocturnes de Chopin de nuit, alors que tout se calme, c’est comme un soupir, un souffle délicieux. C’est comme interne, comme un écho, et c’est doux, voluptueux.

J’aimerais vivre dans une chanson de Vincent Delerm, pour la volupté, la singularité, le tact des existences. Ce temps m’est pour l’instant insaisissable, mais laisse un peu passer l’instant que le temps devienne palpable.

Je viens de réaliser quelque chose : je suis belle quand je me sens bien. Peu importe la façon dont je m’habille, me maquille, me coiffe. Si je me sens bien, si je me sens libre, je rayonne. C’est ce qui fait ma beauté.

La phrase précédente est digne d’une publicité ignoble, mais c’est l’idée. (Tâchons de passer par dessus la forme pour atteindre le fond… Plus de clarté un autre soir peut-être.)

« Parfois il fallait c’était nécessaire il fallait s’évanouir, s’enfuir dans les airs, ramasser les poupées par terre et les bracelets, les pulls over ; laisser le poster dans la chambre, tout laisser, l’escalier descendre ; et presque tu aimais ça. La voiture était là en bas, la voiture était garée là. La banquette froide à l’arrière, le tunnel, la sortie d’Asnières. Et presque tu aimais ça sentir comme ils tenaient à toi. Tenaient à toi ce matin là. Et alors elle se retournait avec ce sourire là que tu connais. Ils parlaient puis ils te regardaient. Visages que je ne verrai jamais. »

Tin, tin, tin.

Je crois que je vis au rythme d’une boîte à musique. Toujours je serai la petite danseuse attachée au socle, le chignon blond bien fait, et le tutu bleu ou rose. Toujours les deux croches noire, les arpèges, toujours les jolies envolées métalliques, toujours l’enfance et la douceur,  le pastel, les couleurs fanées par le soleil. Quoi que je fasse, toujours pâtes d’amande et petites mélodies.

 APB, CROUS, DSE, PVE. Voilà des sigles bien alléchants.

Petites doses d’adrénaline et de vertige avant le bac blanc de demain.

C’est l’heure à laquelle se déshabiller prend toute sa nécessité et perd tout son intérêt. J’aimerais bien avoir de nouveau cinq ans, faire semblant de dormir, et me laisser déshabiller et border pour ouvrir les yeux et dire « bonne nuit » une fois débarrassée de tout effort.

Ces oiseaux qui gazouillent dans les bois alors que je ferme les volets à la tombée du jour, je pourrais leur dédier ma vie.

Publiera ou publiera pas ?

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