Nuit (II)

Toute la tristesse de mes émois semble tenir en ceci : aimer passionnément, aduler, des êtres déjà passés et des douceurs fantasmagoriques ; aimer en solitaire, déjà, initialement oubliée.

J’aime beaucoup marcher à quatre pattes. La vie me semble moins pesante ainsi, tout change de perspective, devient plus simple.

Passées 23 heures, ma vie prend une dimension théâtrale. Ou bien l’est-elle déjà avant ?

Nuit. Dis-moi ce soir encore l’intimité des choses, rapprochons-nous ô monde, je me love dans ta quiétude. Comme tout est calme dehors, les humains s’étant tus, pâles lueurs à la frange des collines ; et la sincère lune, les tranquilles oiseaux… Comme l’air est frais, comme le monde est beau.

Si ce que je dis ne te convient pas, tu es libre de t’en aller.

C’est vraiment bizarre les couples, ces gens différents qui s’unissent. Je ne suis pas sûre de comprendre le processus…

Tous ces jours et ces nuits à attendre des réponses, à scruter des signes sur des visages, des interfaces… A n’être ni trop insistante ni trop indifférente, à gérer le vide sans s’acharner. Pour votre amitié. Et vous ne vous en rendez pas compte. Mais si je parle, je vais vous enchaîner, alors je ne dis rien. Je travaille sur moi.

Je trouve ça rigolo la pomme d’Adam des garçons qui bouge quand ils parlent. On dirait le pendule d’une horloge, mais verticalement.

Hay días durante cuales no puedo estar con vosotros porque ya estoy con el pensamiento de no estar con vosotros.

Mais quelles forces : euphorie et désespoir au lendemain des amitiés ténues.

Les voix, les mots, les timbres. Façonner le réel, le pétrir de ses lèvres, faire vibrer l’air pour mieux le cerner. Des mots. Des syllabes. Des soupirs, des rires et des souffles.

Et puis le silence. Jamais vraiment vrai, toujours plus puissant quand des bruissements viennent le défier. Mais le silence, la quiétude, la solennité, la tendresse et le recueillement. Toujours, l’air.

Des vagues de fatigue déferlent sur moi, mais vous êtes là, mes espoirs, sur le rivage. Je sais que bientôt vous me tendrez les bras et me relèverez sur la plage. Je suis prostrée et comme absente de moi, je ne suis plus qu’un souffle, un filet d’eau qui difficilement circule. Et pourtant vous êtes toujours avec moi, dans cette autre dimension d’épuisement. Ma main c’est la vôtre, je suis double, je rêve, et vous me bercez.

J’apprends à moins me complaire, et à moins chercher à plaire aux autres. Mais j’apprends aussi à aimer les autres même s’ils se montrent complaisants, car cette manière de communiquer cache forcément chez eux quelque chose de blessé.

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