Nuit (IV)

Pleine lune
Ton chignon
Mon amour
(Invention).

Mon nom comprend le manque.

Étranges échanges, nocturnes préambules. Je crois que tu sais que je sais que tu fais comme moi sais-tu que je me doute que tu vis là tu crois quiproquo et je comprends double-sens je crois que tu sais que je sais qui tu es ou je sais que je ne sais pas qui tu es mais que j’en ai bien envie le sais-tu ça revient au même ? Non. Rature. A trop faire comme tout le monde, rature. C’est que ça ne sort plus de toi. Quelque chose d’inextricablement humain ? Conformisme. Tais-toi.

Et je les regarde, étrangère à ce lieu, fantôme attendri. J’assiste à l’intimité audible depuis cette chambre vide. Tu m’as laissée. Quelques instants. Et déjà je sens tout ce qui vous anime, toutes vos traces, vos consensus, vos implicites. Je les aime tellement. Je suis éternité, essence, indicible et émoi. Je rejoins l’âme de votre vie, mais cette âme selon moi. Que touche-t-on du plus profond de nos subjectifs ? Je rejoins le collectif dans mes transports singuliers.

Premier coucher de soleil dans cet appartement.

First english night for you sweetie, first of one year’s nights. Something great is waiting for you, you only have to dive in darling.

Il y a quelque chose de très sombre en toi, sauvage, réfréné, qui me fascine. Une solennité qui d’emblée m’a attirée, m’a fixée à toi. Je suis rivée. Voilà que tu te déplies et t’écoules devant moi, tous tes méandres, tes subtilités, tes paradoxes. Tu déclines la gamme de ce que tu es. Pour moi. Là encore, JE te vois comme ça. Profil. Tu es doux, strict et doux, joyeux. Tu es strictement joyeux. Nous sommes deux rochers, deux donjons l’un à la face de l’autre. Nous sommes les falaises.

Reste l’émotion, après les tempêtes, après les déserts. Sur le sable à marée basse reste l’émotion. Peu m’importent les amertumes, hontes, erreurs, impuretés. Sur le sable à marée basse restera toujours l’émotion.

Fonce, fonce, fonce, décline, patine, nuance, les mêmes fréquences d’une même fleur, tant que file cette tyrolienne.

Il s’agit de répits. Qui agissent. Avant, pendant, après l’écriture. Des nuits. Je suis plume, nuit perpétuelle.

Je peine à me détacher de vos conformités pour converser avec l’essentiel. Je suis engluée.

« La réalité n’existe pas. Il n’y a que des conceptions de la réalité. » Et ça résonne. Je sais que nous serons amis. Du moins, j’en ai envie.

Dans précisément 24 heures, tu seras mort depuis un an. Que veut dire cette phrase ? Comment peut-on être mort depuis un an dans, précisément, 24 heures ? En quoi peut-on trouver un sens à ces choses-là ?

Je ne t’ai jamais revu, Petit Prince, petit lutin, petit lundi, petite ruade, feu follet de juillet. Nous fréquentons les mêmes sphères pourtant. Nos vies doivent être des calques. Nous sommes les grandes aires des mandalas, et non les superpositions, Petite Chance.

Et l’on continue…

Oui.

En fait, j’aime pas raconter des histoires. J’aime en raconter sans que ce soit perceptible. Donc oubliez les deux dernières lignes.

 

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